Le cannabis médical : dans quel but ?

Cette année, 3000 patients à pathologies lourdes vont pouvoir soulager leurs symptômes grâce au cannabis médical (avec CBD et THC). Une expérimentation sans précédent en France qui devrait faire bouger le secteur d’ici quelques années ! On fait le point avec le médecin Pascal Douek, auteur du livre “Le Cannabis médical, une nouvelle chance”.

 

Souvenez-vous, lors de notre live sur Twitch le 16 avril dernier pour fêter la Journée Mondiale du Cannabi, le “420 Day”, Laure, fondatrice de HO KARAN, réunissait dans notre émission tous les spécialistes du cannabis en France : chefs d’entreprise, politiques, journalistes… Parmi eux, Pascal Douek, médecin membre de la commission scientifique pour l’expérimentation sur le cannabis médical et auteur de “Le Cannabis médical, une nouvelle chance”.

Revoir l’émission The 420 Show avec tous les experts du cannabis en France

Ce dernier nous l’annonçait pendant l’émission : une première étude médicale sur l’utilisation thérapeutique du cannabis a débuté en mars dernier. L’idée ? Soulager 3000 patients à pathologies lourdes - sur qui les traitements “traditionnels” se révèlent inefficaces à l’heure actuelle - ont donné leur accord pour tester sur du long terme les bienfaits du chanvre (avec et sans THC). Une avancée considérable dans le secteur, avec potentiellement une ouverture sur plus de cas (entre 300.000 et 1 million de malades seraient éligibles) et donc à posteriori, le développement des filières françaises de chanvre pour répondre à la demande. À qui s’adresse cette étude ? Peut-elle réellement faire avancer les choses ? Pourquoi la France est-elle autant à la traîne en termes de législation ? Le docteur Pascal Douek nous éclaire.


Parlez-nous de cette étude sur le cannabis médical en France, où en est-on ?

Attention, pour commencer, on ne parle pas d’étude clinique mais plutôt d’expérimentation. On n’évalue pas l’efficacité du cannabis, mais on définit plutôt un cadre d’autorisation (sur 5 indications) et ce, pendant 2 ans. Depuis mars 2021, nous observons toute la chaîne : si les médecins prescrivent le cannabis aux 3000 personnes éligibles, si les pharmaciens le délivrent, si les patients concernés prennent bien leur traitement et/ou se sentent soulagés. Avec cette expérimentation, on cherche à évaluer la faisabilité et l’efficacité de ce nouvel éco-système en France. Pour ça, certains acteurs ont été formés, des entreprises (à l’étranger, pour des raisons légales) ont été sélectionnées pour fournir le cannabis…

Qui sont les 3000 patients éligibles ?

Si leurs pathologies sont différentes, ces 3000 patients ont une chose en commun : leur corps ne répond pas (ou plus) aux traitements à l’heure actuelle. Le cannabis est en somme pour eux, une dernière chance pour être soulagés, c’est un espoir énorme. Plus précisément concernant les profils, le comité scientifique a défini cinq indications : des douleurs neuropathiques sévères, des crises d’épilepsie, la sclérose en plaque, les patients sous chimiothérapie anti-cancéreuse qui font face à de nombreux effets secondaires, et les patients en fin de vie, en soins palliatifs.

Sous quelles formes, pendant cette expérimentation, les patients consomment-ils le cannabis médical ?

Pendant 2 ans, ces patients vont consommer le cannabis sous deux formes : les huiles, et les fleurs séchées. 3 variétés de chanvre vont être étudiées : la première avec un ratio THC/CBD équilibré, la seconde avec un taux de THC dominant, et la dernière au contraire, avec plus de CBD que de THC.

Quelle est concrètement la différence entre le cannabis médical et le cannabis bien-être ?

Le cannabis bien-être s’adresse aux gens en bonne santé, qui cherchent simplement du bien-être et une meilleure qualité de vie : troubles du sommeil, anxiété, certaines douleurs... Les soins HO KARAN (comme l’Antidote, le Day Over, l’infusion OKLM, l’huile Libertine…), c’est du cannabis bien-être par exemple ! Le cannabis bien-être est légal en France car les taux de THC sont inférieurs à 0,2%, au profit du CBD, l’autre molécule, non psychotrope, présente dans la fleur de chanvre.

Le cannabis médical, ou cannabis thérapeutique, s’adresse aux malades à pathologies sévères. On se sert de la plante dans sa globalité (avec ou sans THC), et son usage est prescrit et encadré par le corps médical. Il n’est pas encore autorisé en France, et c’est exactement le sujet de cette grande expérimentation.

Pourquoi la France est-elle si en retard dans la législation du cannabis, ne serait-ce que médical ?

Cela fait 5000 ans, depuis les premières civilisations antiques (grecs, chinois, romains, égyptiens…) que les médecins utilisent le cannabis pour soulager leurs patients : des douleurs, mais aussi de la perte d’appétit, des contractures musculaires etc.

Au XVIIIème et XIXème siècle, on a redécouvert le cannabis avec les colonisations : les français avec l’Egypte, les anglais avec l’Inde, etc. Ces civilisations ont importé le cannabis pour l’utiliser jusqu’au XXème siècle, aux prémices de la prohibition. C’est seulement depuis le XXIème siècles que les marchés se fluidifient, en commençant par le Canada.

En France, nous sommes en retard d’abord pour des raisons politiques. Pourtant, c’est aussi le pays le plus gros consommateur de cannabis en Europe ! Le système répressif est très sévère (comme aux Etats-Unis dans certains états) côté dealers comme consommateurs, cela fait partie de l’Histoire de France ! L’idée d’autoriser le cannabis médical fait peur. Les politiques ne sautent pas le pas car pour eux, c’est la première étape pour légaliser le cannabis tout court.

D’un côté, le ministre de l’Intérieur, Gérarld Darmanin - ouvertement contre la légalisation - qualifiait le cannabis de “poison” (ndlr : le 24 août dernier sur franceinfo), d’un autre nous lançons cette grande expérimentation sur le cannabis médical, difficile de s’y retrouver.

Et puis, la France n’est pas reconnue pour être le pays le plus “innovant” du monde. On a tendance à aller voir ce qu’il se passe chez les voisins. Avec la légalisation du cannabis médical dans une quarantaine de pays*, la pression est de plus en plus lourde. Les associations de professionnels de santé et certains politiques s’engagent pour autoriser le cannabis médical, parce qu’on ne peut pas laisser souffrir des patients sans leur offrir cette solution, à portée de main.

*Le cannabis médical est autorisé au Canada, aux Pays-Bas, en Israël, dans 33 états des Etats-Unis, au Chili, en Colombie, en Argentine, au Mexique, au Pérou… Et côté Union Européenne, dans 21 pays sur 28 : Allemagne, le Royaume-Uni, Portugal, Luxembourg, Lituanie, Chypre...

Les résultats de cette expérimentation vont-ils changer les choses ?

C’est la grande question, mais je préfère être optimiste. L’expérimentation a débuté en mars avec 1000 patients, et dans quelques temps il y en aura 2000 de plus. Ce que j’espère, c’est que dans un an et demi, une fois l’expérimentation terminée, on ne laissera pas tomber les gens qui ont pu être soulagés grâce au cannabis.


Merci au Dr Pascal Douek pour son éclairage. Pour aller plus loin, retrouvez son livre “Le Cannabis médical, une nouvelle chance”, aux éditions SOLAR

ACTUALITÉS
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